LES SAHAABAH (Radiyallahou anhoum‎) - La première génération des musulmans -MOUS'AB BIN OU'MAIR (Radiyallahou anhou‎)

Sans doute la compagnie des gens pieux a un effet bénéfique sur notre progrès spirituel tandis que celle des gens pervers affaiblit notre Îmaan et ruine notre vie spirituelle. De la même façon la lecture et l'écoute des récits des pieux et des saints (la vie des Prophètes (Alaihis Salaam)), des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et des Auliyaa (R) suscitent en nous l'amour de l'Islâm, nous guident dans nos pratiques religieuses et affermissent nos coeurs. De plus le coeur est immunisé contre la fausseté, le Koufr et le Chirk. C'est à juste titre qu'Allah Ta'aala avait révélé à Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :

"Tous les récits que Nous (Allah) te rapportons concernant les Prophètes sont destinés à affermir ton coeur. Ainsi te parviennent, avec la vérité, une exhortation et un rappel à l'adresse des croyants." (11:120)

De l'autre côté, la lecture et l'écoute des récits malsains et insensés comme les "roman d'amour" et les livres d'aventures noircissent le coeur à tel point qu'ils nous aveuglent et nous empêchent de découvrir la grandeur et la majesté de l'Islâm, la religion bénie du Créateur de l'univers.

C'est pourquoi il est recommandé fermement de lire et de faire lire chez soi les livres sur la vie exemplaire des compagnons (Radiyallahou anhoum‎) du Prophète comme par exemple "Hikayaatus Sahaabah" écrit par Cheïkh-oul-Hadîce, Hazrat Maulaanaa Zakariyyaa Saahib (R). Les empreintes laissées par eux ne peuvent que nous servir de guide et comme source d'inspiration. Mous'ab Bin Oumaïr (Radiyallahou anhou‎) était un des ces nobles compagnons (Radiyallahou anhoum‎) de notre bien aimé Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Mous'ab Bin Oumaïr (Radiyallahou anhou‎) était un beau jeune homme, élégant et très riche. En fait il avait été élevé dans l'abondance et entouré de l'affection de ses parents. Avant d'embrasser l'Islâm il portait des vêtements qui coûtaient plus de deux cents dirhams.

Il devint musulman dès le début de la propagation de 1'Islâm, à l'insu de ses parents. Quand, plus tard, ces derniers apprirent cette nouvelle ils attachèrent leur fils à une corde afin qu'il reste à la maison. Mais l'amour pour Allah et pour Son Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) était tellement fort en lui que rien ne put le retenir. Il s'évada et s'émigra en Abyssinie. A son retour, il alla à Madînah où il délaissa son train de vie luxueux et mena une vie d'abstinence et d'austérité. Un jour, alors que Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam), le Prophète de l'Islâm, était assis, Mous'ab Bin Oumaïr‎ (Radiyallahou anhou‎) passa devant lui. Il n'avait comme vêtement qu'un drap rapiécé et troué en plusieurs endroits. Devant ce spectacle et se rappelant le confort et le luxe même que Mous'ab (Radiyallahou anhou‎) avait connu avant de devenir musulman, les yeux de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) furent remplis de larmes.

Sa piété et sa crainte révérencielle d'Allah (Taqwaa) étaient exceptionnelles. Sa fermeté d'âme et sa profonde croyance en Islâm le poussèrent à se dévouer corps et âme à la cause de l'Islâm.

Dans la guerre de Badr Mous'ab (Radiyallahou anhou‎) portait le drapeau de l'Islâm. Et à la bataille d'Ouhoud, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui confia la même responsabilité. Il y fit preuve de beaucoup de courage et d'endurance contre les infidèles de Makkah. Quand les musulmans se dispersèrent dans la confusion, il saisit son drapeau et resta ferme comme un roc. Dans une attaque surprise, un infidèle lui trancha une main afin de faire tomber le drapeau marquant ainsi la défaite complète des musulmans. Immédiatement il saisit le drapeau de l'autre main. Mais un autre ennemi chargea et lui coupa l'autre main. Malgré cette condition difficile, Mous'ab (Radiyallahou anhou‎) tint le drapeau debout au moyen de ses deux bras mutilés et le serra fermement contre sa poitrine. L'ennemi infidèle, furieux, fonça sur lui de nouveau et transperça sa poitrine. Mous'ab (Radiyallahou anhou‎) tomba mort et avec lui le drapeau sacré qu'il ne laissa pas tomber tant qu'il était encore vivant.

Son frère Aboul Roûm Bin Oumaïr (Radiyallahou anhou‎) se précipita et saisit le drapeau de l'Islâm et le protégea jusqu'à la fin de la bataille.

A son enterrement, il n'y avait qu'un drap pour l'envelopper. Le drap était tellement court que quand on couvrit la tête le pied resta découvert et vice-versa.

Alors le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Couvre-lui la tête avec le drap et les pieds avec des feuilles de Azkhar."

Et il récita ce verset comme oraison funèbre :

"Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au pacte qu'ils avaient conclu avec Allah. Tel d'entre eux atteint le terme de sa vie ; tel autre attend, tandis que leur attitude ne change pas, de sorte qu'Allah récompense ceux qui sont véridiques, à cause de leur sincérité." (33:23)

Ce récit nous montre le miracle de l'Îmaan. Quand l'Îmaan est ancré solidement dans le coeur d'une personne il ne pense qu'à faire plaisir à Allah et oublie toute autre chose, que ce soit la richesse, le luxe et même la vie.

Tel fut le sacrifice de Mous'ab Bin Oumaïr‎ (Radiyallahou anhou‎) ! En fait Allah Ta'aala n'a-t-il pas dit :

"Allah a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens pour leur donner le Paradis en échange. Ils combattent dans le chemin d'Allah : ils tuent et ils sont tués. C'est une promesse faite en toute vérité dans la Torah, l'Évangile et le Qour'aan. Qui donc tient son pacte mieux qu'Allah ? Réjouissez-vous donc de l'échange que vous avez fait, voilà le bonheur sans limites !" (9:111)

Voilà un bel exemple qu'on doit suivre. De plus, cet exemple nous permet de comparer ou plutôt de différencier ces illustres personnages d’avec les musulmans d'aujourd'hui - une différence très poussée, comme on le dit si bien en créole "différence la terre le ciel." Ces personnages ont sacrifié tout pour le plaisir d'Allah et l'Aakhirah. Et les musulmans d'aujourd’hui sacrifient tout jusqu'à même leur Îmaan pour les jouissances temporaires de ce bas monde !

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.1]